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dans Rio's Attic:

Running on Empty

Steven Spielberg

Sidney Lumet

Naomi Foner

Making Movies

San Francisco

Academy Awards

Dog Day Afternoon

Prince of the City

12 Angry Men

Murder on the Orient Express

Gore Vidal

Jose Iturbi

Jeanette MacDonald

Gloria Jean
Pour célébrer River Phoenix, sa vie et son temps.
American EnglishEn Français

Making Movies

(Faire des films)

de Sidney Lumet
Première édition 1995


ISBN 0-7475-2767-9 (couv. souple, 220 pages)

Depuis le début de sa carrière en 1957, Sidney Lumet a dirigé plus de quarante films et, à ce jour, ses oeuvres ont reçu plus de cinquante nominations aux Oscars.

Dans le présent ouvrage, ce réalisateur à succès présente une synthèse fascinante, honnête et détaillée du travail considérable qui est nécessaire à la réalisation d'un film. Débutant par le choix du script, le réalisateur ne laisse de côté aucun aspect, traitant de sujets comme les caméras, les acteurs, les costumes, la salle de montage et l'enregistrement du son.

Quelqu'un m'a demandé un jour ce que c'était de faire un film. J'ai répondu que c'était comme faire une mosaïque. Chaque chose à organiser est comme un carré de mosaïque. Vous le coloriez, lui donnez forme, le polissez du mieux que vous pouvez. Vous en faites six ou sept cents, peut-être un millier (il peut facilement y avoir autant de choses à faire dans un film). Alors vous les collez ensemble au sens propre en espérant que c'est ce que vous devez faire. Mais si vous vous voulez que la mosaïque ressemble à quelque chose, vous feriez mieux de savoir où vous voulez aller à chaque fois que vous posez un petit carré.

Tout au long du livre, la plupart des souvenirs qu'égrène le réalisateur sont les expériences acquises en propre sur ses films les plus fameux comme 12 Hommes en colère, le Meurtre de l'Orient Express, Un Après-Midi de Chien et le Prince de la Ville. Mais Lumet prend le temps de se rappeler avec affection de son travail sur un film moins connu. Il s'agit d'un projet dont nous apprendrons qu'il y tenait tellement qu'il accepta d'être moins payé pour le diriger - une décision, nous dit-il, qu'il n'a jamais regrettée. Ce film s'appelle Running on Empty (A bout de Course).

Naomi est un bon écrivain, talentueuse et originale. D'une certaine manière, elle s'était entichée d'une scène qui, pour moi, était sa seule mauvaise idée de tout le film. Le jeune garçon joué par River Phoenix entre dans une maison étrange, s'assoit au piano et commence à jouer une sonate de Beethoven. Finalement, il s'aperçoit qu'une jeune fille de son âge le regarde. Dans le script, il enchaîne sur une musique de boogie-woogie.

J'ai expliqué à Naomi pourquoi je pensais que ce n'était pas une bonne idée. Il y avait un sentiment de condescendance vis à vis du public : Regardez, ce n'est pas réellement une tête d'oeuf - il aime le jazz, juste comme vous et moi. J'ai vu la même scène il y a longtemps avec José Iturbi chatouillant les touches dans un film oublié de Gloria Jean ou bien Jeanette MacDonald chantant du swing dans San Francisco. Comme Naomi se battait pour maintenir cette scène, j'ai décidé d'accepter pour voir comment ça marcherait à la répétition. Quand j'ai commencé à diriger la scène, River a demandé si on pouvait couper ce passage. Il se sentait artificiel en jouant cela. J'ai vu Naomi pâlir. On a commencé à en parler. River a dit à Naomi avec une grande simplicité et avec sérieux comment cela faussait son personnage (c'était charmant de voir ce garçon de dix-sept ans discutant avec un écrivain confirmé de deux fois son âge). Finalement, j'ai suggéré qu'on essaie pendant quelques jours pour voir si ça pouvait marcher. A la fin de la répétition, Naomi est venu me voir. Elle a dit que ça ne lui ferait rien que je doive, moi, m'accommoder de la scène, mais qu'elle ne pouvait supporter de voir River sens dessus dessous pour que ça marche. Elle adorait cette scène mais elle a dit : «coupons-la».

Lumet explique que même après le tournage d'un film, le travail est loin d'être achevé. Dans le dernier chapitre du livre, il parle avec sincérité de l'un des moments les plus délicats du processus de fabrication d'un film - la projection-test, en avant-première, au public.

Quand je suis arrivé, une queue s'était déjà formée. On avait trouvé la plupart des gens dans les centres commerciaux. On leur avait demandé s'ils aimeraient voir un film. On leur avait donné un bref aperçu de l'histoire. Des responsables du groupe chargé de la projection-test étaient là.
Dans la queue, chaque tranche d'âge est représentée, selon un classement fait d'avance. Les catégories désignées sont : Hommes 18-25, femmes 18-25, hommes 26-35, femmes 26-35, hommes 36-50, femmes 36-50, hommes de plus de 50 ans, femmes de plus de 50 ans. Tout cela est très politiquement correct : quelques Américains noirs, quelques Latinos, des Américains d'origine asiatique. Je n'ai jamais vu d'Indiens. Sur Running on Empty, les responsables se sont décidés pour un public ne comportant que des adolescents parce que la star était le magique River Phoenix, une idole des moins de vingt ans. Peu importe que l'histoire concerne des radicaux des années 60 en fuite parce qu'ils avaient posé une bombe du temps où ils étaient étudiants. En aucun cas, une personne de moins de vingt-cinq ans ne pouvait savoir que ce genre de personnes existait. Le script de Naomi Foner était très complexe, impliquant non seulement les relations du garçon avec ses parents mais aussi les relations de ses parents avec leurs propres parents. Les responsables de la production avaient une star de moins de vingt ans, alors dans leur grande sagesse, ça voulait dire un public de moins de vingt ans.


ISBN 0-6797-5660-4 (couverture souple)

Dans un livre salué par des personnalités comme Steven Spielberg et Gore Vidal, Lumet présente ses mémoires de manière complète et courtoise. Il fait l'éloge de beaucoup de ceux avec qui il a travaillé dans sa carrière mais il évite poliment de nommer les personnes avec qui il est entré en conflit. En refermant le livre, le lecteur n'a plus aucun doute sur le travail colossal assumé par le réalisateur. Cependant, ce cinéaste, humble parmi les humbles, n'a aucune difficulté à reconnaître que, dans la quête d'un bon film, d'autres font souvent des sacrifices aussi grands.

J'adore les acteurs. Je les adore parce qu'ils sont courageux. Tout bon travail a besoin d'auto-révélation. Un musicien communique ses sentiments avec l'instrument dont il joue, un danseur à travers les mouvements de son corps. Le talent d'acteur est un de ceux dans lesquels les pensées et les sentiments de l'acteur sont communiqués instantanément au public. En d'autres mots, «l'instrument» dont joue l'acteur, c'est lui-même. Ce sont ses sentiments, sa physionomie, sa sexualité, ses larmes, son rire, sa colère, son romantisme, sa tendresse, sa méchanceté, qui sont là sur l'écran pour qu'on les voie. Ce n'est pas si facile. En fait, très souvent, c'est même douloureux.


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