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dans Rio's Attic:

The Mosquito Coast

Harrison Ford

Peter Weir

Charlie Fox

Helen Mirren

Reverend Spellgood

Allie Fox

Witness

The Year of Living Dangerously

Mel Gibson

Jeronimo

Linda Hunt

Sigourney Weaver

The Films of Peter Weir

Jonathan Rayner

Michael

Fearless

Dead Poets Society

Robin Williams

Hatfield, Massachusetts

Brewer's Lagoon
Pour célébrer River Phoenix, sa vie et son temps.
American EnglishEn Français

The Films of Peter Weir

de Jonathan Rayner
Première édition 1998


ISBN 0-304-70123-8 (couverture souple, 250 Pages)

Dans ce qui aurait pu constituer aisément une partie des cours qu'il a donnés comme enseignant à l'université en anglais et dans l'étude des médias, Jonathan Rayner, spécialiste en histoire du cinéma et dans l'étude des films, entreprend un examen approfondi des films de Peter Weir depuis son premier court métrage, Michael (1971), jusqu'à Fearless (1994), discutant le long du chemin des oeuvres bien connues telles que L'Année de Tous les Dangers (1982), Witness (1985) et Le Cercle des Poètes disparus (1989).

Pas toujours d'une lecture facile, ce livre est néanmoins une étude qui donne des aperçus très fins sur la carrière de Peter Weir. Il présente avec succès les principales caractéristiques du réalisateur australien qui a essayé de faire la synthèse entre le cinéma d'auteur européen et le cinéma de genre américain plus commercial. A un premier niveau, l'auteur explique comment les films de Weir constituent une sorte de subversion de la réalisation à l'américaine et parfois de son propre style.

L'évidence que Weir continue à fuir la convention est discernable dans ses autres films américains. La subversion de la personnalité héroïque de Ford dans Mosquito Coast, à l'intérieur d'un récit de pseudo-Western où l'on trouve l'échec et l'acrimonie plutôt que le succès et l'unité, a condamné ce film au désastre critique et commercial. A l'inverse, la structure parabolique de The Mosquito Coast (Allie, l'homme prométhéen, se redressant avant d'être abaissé) et la quasi-absence du style de Weir ont pour résultat un film moralement pessimiste, frustrant les attentes du public à travers des signaux génériques mal assortis quand le père/star et la famille ne peuvent venir à bout de leurs difficultés. En tant qu'exemple d'évasion formelle de son réalisateur (des entraves du genre comme des conventions de son propre style), comme la combinaison déséquilibrée entre l'ancien et le nouvel égalitarisme et autoritarisme, dans l'histoire des «expériences» de la famille Fox dans une évasion au sens propre, Mosquito Coast finit en un échec excentrique en terme de mode de vie américain et de cinéma vendable.

Le lecteur n'apprendra rien des vrais acteurs en tant qu'individus. Ce qui intéresse l'auteur au premier chef, ce sont les personnages et non les être humains que l'on trouve derrière eux. En 230 pages, seulement 15 noms d'acteurs sont cités - Robin Williams est mentionné trois fois, Mel Gibson deux fois, Sigourney Weaver une seule fois et seul Harrison Ford, le héros de deux films, reçoit huit mentions. Par ailleurs on ne trouve pas dans ce livre les noms d'autres grands acteurs ou actrices : ni Linda Hunt, ni Helen Mirren et pas davantage River. Mais si le lecteur veut comprendre la psychologie des différents personnages et leurs relations, alors il faut lire ce livre qui raconte ce qu'on peut découvrir derrière l'histoire et les images sur l'écran. Ici Harrison Ford n'est qu'Allie et River n'est que Charlie et, petit à petit, nous en apprenons davantage sur le garçon. Plus loin, l'auteur explique comment Charlie se libère de son père et devient le personnage principal, comme si on assistait à une disparition progressive d'Allie au bénéfice de Charlie.

Tout au long du voyage d'Hatfield à Jeronimo, de Jeronimo au Lagon de Brewer, puis lors du retour vers la mer, la maîtrise de l'action par Allie a été complétée puis érodée par la narration de Charlie. Désormais sa voix est même plus forte que celle de son père car rétrospectivement, elle a bénéficié de l'expérience de son voyage et l'a transcendé en compréhension. Le long plan de l'océan à l'autre bout de la rivière sur lequel se termine le film résume bien cela. Quand Charlie n'est plus qu'une voix libérée dans l'espace, la dernière chose que nous voyons d'Allie est sa tête, la seule partie qui soit encore «en vie» après que Spellgood lui eut tiré dessus et l'a paralysé. Le fils devient plus grand que le père, cherchant son indépendance et ses propres croyances en opposition et en émulation avec le credo du Père, et il gagne sa propre voix comme narrateur et créateur de sa propre histoire.

Une si brillante interprétation des relations entre le père et le fils est déjà très satisfaisante. Mais l'auteur va plus loin et, pour une fois, Allie doit céder la place à l'acteur et, par voie de conséquence, Charlie au vrai garçon.

La distribution d'une star bien connue, qui est ici supplantée du centre de la narration (et a perdu la sympathie et l'identification du public) par un moindre personnage plus jeune, entraîne une réévaluation de cette utilisation non familière de la personnalité d'une star et oblige à un examen plus serré des méthodes narratives qui annoncent ce remplacement, et provoque la déception des attentes du public.

Les canaux visuels et oraux de l'information dans Mosquito Coast sont partagés entre les personnages du héros et du fils. Charlie et les autres enfants, qu'ils soient naturels ou spirituels, font face à un conflit amer avec l'autorité du Père avant qu'ils ne parviennent à l'indépendance ; et l'opposition symbolique entre un Père et un autre (Allie contre Dieu ou contre Spellgood) force le spectateur comme le fils à un choix moral. La narration par la voix off de Charlie le place à la fois en dehors du récit avec le spectateur et dans celui-ci sur l'écran. De l'extérieur, nous observons (et nous jugeons) Allie de manière dépassionnée, le spectateur avec le bénéfice de la distance et Charlie avec celui de la sagesse d'après coup.

Parfois, on peut trouver qu'une telle analyse psychologique et presque scientifique manque, pour beaucoup, du principal attrait du cinéma, à savoir l'émotion. A cause de cela, nous attendons avec impatience ce que l'auteur a à dire au sujet de l'immortelle réplique finale de Charlie et nous ne sommes pas déçus par la perspicacité de l'auteur.

L'ultime réplique du récit de Charlie subit une modification subtile lors de l'adaptation du roman au cinéma :

Autrefois, j'ai cru en Père, et le monde semblait vieux et rétréci. Il est parti, et maintenant je crois à peine en moi-même et le monde est sans limites.

Maintenant qu'il est parti, je n'ai plus peur de l'aimer et le monde apparaît sans limites. [dialogue du film]

La capacité de Charlie à aimer son père devait prévaloir sur sa propension à le craindre et à croire en lui. Ayant été élevé avec la foi que tout ce qu'il disait était vrai et que le monde lui appartenait, il réalise que le père peut se tromper et peut mentir et cela lui ouvre des possibilités pour un monde menaçant mais nouveau au-delà des confins de la famille. Sa foi dans les meilleures intentions de son père, sa charité pour ses échecs et son amour pour lui en tant qu'individu en dehors des obligations familiales crée l'amour et la foi de Charlie envers son père en des termes formulés par Allie : «La foi, c'est de croire en quelque chose dont on sait que ce n'est pas vrai». Charlie commence le voyage vers l'aval à la fin du périple. Il a défié l'autorité du patriarche et la loi divine, et par l'expérience il s'est adapté au monde qu'il affrontera en tant qu'adulte. Par contraste, Allie est «une chose morte descendant la rivière», puisqu'il n'a pu s'adapter aux réalités du monde et que le monde n'a pu supporter qu'il lui impose ses plans. Le site de Jeronimo et du Lagon de Brewer où Charlie et sa famille ont habité, a été une projection de l'intérieur de l'esprit du père et la réalisation de son plan (création réelle, asexuée et guerre totale, amorale). En échange, Acre a été autant une reconnaissance de la responsabilité finale de l'adulte que le symbole de la fuite devant l'autorité patriarcale de la part de Charlie et des enfants. Le fait de mûrir pour ses fils et sa propre mortalité sont au-delà du contrôle d'Allie, et sa mort propulsera les garçons dans un nouveau monde qui ne prétend pas incarner le paradis ou l'enfer mais simplement un potentiel des deux. L'enfant Allie meurt en descendant la rivière, permettant à Charlie (dont le nom semble être un agrandissement de celui du patriarche) de continuer à vivre après avoir mûri, prêt à raconter. Raconter et narrer les événements du «pays étranger» qu'est l'enfance est la preuve que Charlie a atteint le nouveau monde de l'âge adulte.

«Il n'a pu s'adapter aux réalités du monde et le monde n'a pu supporter qu'il lui impose ses plans». Nous savons que Jonathan Rayner désignait Allie quand il écrivit ces lignes. Mais nous savons aussi que ces mots pourraient aussi décrire, d'une certaine manière, le jeune acteur qui jouait son fils Charlie.


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